Monday, December 19, 1994

Deux articles du journal «La Montagne» amènent à se poser des questions sur l’intégrisme juif


« Décédé après trente-deux ans et cinq semaines de prison pour avoir refusé de divorcer »,
La Montagne, 6 décembre 1994, p. 20

Jérusalem. – Le plus ancien détenu d’Israël, Yihye Avraham, est décédé dimanche après avoir passé trente-deux ans et cinq semaines en prison pour avoir refusé de divorcer.

Yihye Avraham avait été incarcéré en 1962 sur ordre d’un tribunal rabbinique qui voulait le contraindre à se séparer de sa femme. Pendant douze ans, avant son arrestation, il avait refusé de céder aux injonctions des rabbins. Son épouse Ora, aujourd’hui âgée de soixante-six ans, a toujours affirmé que son mari ne l’avait jamais aimée et qu’il ne s’était jamais occupé de leurs deux filles.

Israël est-il un état laïque ? Se soucie-t-il des droits de l’homme et de la femme ?

A en croire cet article, un homme aurait, pendant douze ans, refusé de céder aux injonctions des rabbins qui voulaient le contraindre à se séparer de sa femme. En conséquence, il aurait été incarcéré dans une prison de l’État d’Israël en 1962. Il serait resté en prison de 1962 à 1994 et, en 1994, après trente-deux ans de prison, il serait mort dans sa prison.

Cet homme n’est-il pas un victime du fanatisme, de l’intégrisme, de l’esprit de secte ? Il aura subi douze ans de pression ou de persécution, suivis de trente-deux ans de prison, jusqu’à la mort, pour n’avoir pas accepté un divorce prononcé par un tribunal religieux. En vertu de quelle loi l’État d’Israël, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice ont-ils pu cautionner ainsi la décision d’un tribunal rabbinique ?

Je suis persuadé qu’il y a eu des protestations mais ces protestations-là ne semblent pas avoir trouvé d’écho véritable dans les médias internationaux, en particulier, auprès de ceux qui s’émeuvent des cas de Salman Rushdie ou Taslima Nasreen. Pourquoi ?

Un autre information amène à se poser les mêmes questions sur l’intégrisme et le fanatisme juifs :

« Malédiction. Un divorce vieux de deux mille cinq cents ans empêche le mariage »,
La Montagne, 19 décembre 1994, p. 20

Jérusalem. – Lorsque Massoud Cohen demanda la main de Chochana Hadad, il n’imaginait pas qu’un ancêtre de son élue avait fauté il y a deux mille cinq cents ans. Le Grand rabbinat d’Israël s’en est souvenu et empêche depuis dix ans ces Israéliens de se marier, en raison de ce péché héréditaire. En l’an 580 avant J.-C., un lointain ancêtre de Chochana avait épousé une divorcée, enfreignant l’interdiction faite à un « cohen » (« prêtre » en hébreu) par la loi juive. Sa descendance été frappée du même interdit. Le rabbinat de Tibériade a décrété que Chochana ne pouvait pas épouser Massoud, 45 ans, car il est « divorcé », que leur liaison ne pourrait jamais être reconnue et que l’enfant né il y a peu de leur union resterait le fils d’une célibataire.

19 décembre 1994