Monday, June 7, 1993

Autriche : journalistes et Stapo collaborent à la recherche et à la saisie des écrits révisionnistes


L’Autrichien Gerd Honsik a publié divers ouvrages où il conteste, en particulier, l’existence de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration allemands et où il démasque Simon Wiesenthal. En mai 1992, au terme d’un procès qui s’est déroulé dans des conditions proches de celles d’un procès de sorcellerie, il s’est vu condamner à une peine de dix-huit mois et dix jours de prison. Il s’est exilé à l’étranger. Il continue d’écrire et de publier le périodique Halt.


News est un magazine d’informations paraissant à Vienne. Dans sa livraison du 7 juin 1993 (p. 14-16), sous la signature d’Andreas Kuba et d’Atha Athaniasadis, vient de paraître un article où se trouve rapporté, sur un ton d’intense satisfaction, un exemple de collaboration entre les journalistes et la police d’État ou Staatspolizei, dite « Stapo », dans la recherche et la saisie des écrits de Gerd Honsik.


Agissant sur renseignement, les deux journalistes de News se rendent dans un atelier de reliure. Ils y découvrent des exemplaires du dernier livre de Gerd Honsik sur Simon Wiesenthal. Ils en font des photos et se précipitent au siège de la Stapo.


Nous en informons la police d’État. Nous lui communiquons tout de suite l’adresse de l’atelier de reliure «Papyrus», rue des Favorites, ainsi que de l’imprimerie Kübarth [...]. La Stapo ne perd pas une minute [...]. En moins d’une heure, elle obtient les mandats de perquisition. Commence alors l’opération à grande échelle [Grosseinsatz]. Deux groupes de quinze policiers en tout font irruption en même temps dans l’imprimerie et dans l’atelier de reliure.


La Stapo fait main basse sur trois mille exemplaires du livre consacré à Simon Wiesenthal ainsi que sur le film du livre et – «ce qui est tout à fait sensationnel» – sur le film de Halt, dont on ne connaissait pas jusqu’ici le lieu d’émission.


A en croire les deux journalistes, la police aurait déclaré devoir à News «une fière chandelle».


7 juin 1993