Tuesday, December 15, 1992

Révisionnisme : condamnations prononcées par Mme Françoise Simon


Le 9 décembre 1992, le professeur R. Faurisson a été condamné en appel, à Paris, à un ensemble de peines s’élevant à 187 000 F pour une interview publiée en septembre 1990 dans le mensuel Le Choc du mois. Le responsable de ce mensuel a, lui aussi, été condamné à 187 000 F. Total : 374 000 F [1].

Dans cette interview, le professeur était interrogé sur la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990, publiée au Journal officiel de la République française le 14 juillet 1990 [2]. Cette loi interdit expressément de « contester l'existence des crimes contre l’humanité » [3] tels qu’ils ont été définis en 1945 par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale et tels qu’ils ont été punis par le Tribunal militaire international de Nuremberg. Cette loi visait R. Faurisson et, dans les milieux judiciaires, elle est parfois appelée « lex Faurissonia ».

Dans son interview, le professeur avait déclaré qu’il continuerait, en dépit de cette loi dogmatique, à proclamer le résultat de ses recherches : 1° Il n’a jamais existé d’ordre ou de plan pour exterminer les juifs ; 2° Il n’a jamais existé ni pu exister de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration du IIIe Reich, et cela essentiellement pour des raisons d’ordre physique, chimique, topographique et architectural ; 3° Enfin, le chiffre d’environ six millions de morts juives est extravagant ; aucune enquête n’a encore été faite pour déterminer le nombre probable des juifs morts par tous faits de guerre (exécutions, épidémies dans les camps et les ghettos, etc.). Le professeur ajoutait qu’il refusait toute crédibilité à des vainqueurs jugeant des vaincus. Il donnait enfin quelques exemples de « vérités » édictées par le Tribunal de Nuremberg et qui ont été dénoncées comme fausses quelques années plus tard par la totalité des historiens, juifs et non juifs. Il disait qu’il n’obéirait pas plus à cette loi qu’à une loi qui ordonnerait de croire que deux et deux font cinq ou que la terre est plate.

En première instance, R. Faurisson et le responsable du Choc du mois avaient été condamnés, le 18 avril 1991, à un ensemble de peines s’élevant à 387 000 F (peine ferme) et à 100 000 F (peine avec sursis). Le tribunal était alors présidé par Claude Grellier.

En appel, ainsi qu’on le voit, le total des peines s’élève donc à 374 000 F (peine ferme). Le tribunal était présidé par Mme Françoise Simon, assistée de François Chanut et de Mme Dominique Guirimand. Pendant toute la déposition orale du professeur, la présidente avait ostensiblement détourné son regard ; elle avait refusé au professeur le droit de lire le moindre document, y compris un extrait du « procès de Nuremberg ». L’hostilité de la présidente était tellement spectaculaire qu’à plusieurs reprises une bonne partie du public de l’audience avait manifesté son indignation.

Le professeur Faurisson renonce à introduire un pourvoi en cour de cassation à cause des frais d’avocat et parce que, si cet arrêt était cassé (hypothèse tout à fait improbable vu l’atmosphère de terreur et de lâcheté dans laquelle vivent les magistrats français depuis un récent épisode de l’affaire Touvier), le dossier serait probablement à rejuger, ce qui entraînerait de nouveaux frais pour un résultat sans doute identique.

Cet arrêt de la cour d’appel de Paris, en date du 9 décembre 1992, est tout à fait exceptionnel. Il entrera dans l’histoire. 

En effet, pour la première fois au monde, un professeur d’université est expressément condamné par des juges pour avoir fait état de ses recherches sur un sujet dont il est expressément défendu de contester la version officielle.

Des milliers de professeurs et de chercheurs ont, à travers les siècles, terriblement souffert pour avoir, par la publication du résultat de leurs recherches, enfreint l’orthodoxie de leur temps, mais on notera que les condamnations judiciaires ou autres dont ils ont été les victimes ont toujours été indirectes et hypocrites. Pour condamner ces professeurs ou ces chercheurs, on leur reprochait de porter atteinte, par exemple, à la foi religieuse, à l’intérêt national ou à une idéologie politique. Parfois, comme cela a été le cas auparavant pour le professeur Faurisson lui-même, on les condamnait pour « diffamation » d’une personne ou d’un groupe, pour « incitation à la haine raciale », pour « dommage à autrui ». Un professeur révisionniste comme Maurice Bardèche a été jeté en prison à la fin des années quarante sous prétexte d’« apologie de crimes ». Des révisionnistes peuvent être condamnés sous prétexte de « propagation de fausses nouvelles », etc. En Allemagne, où, contrairement à ce qu’on dit parfois, il n’existe pas de loi spécifiquement antirévisionniste [4], les révisionnistes sont condamnés au nom de lois réprimant, par exemple, l’« atteinte à la mémoire des morts ».

Ce qui constitue l’originalité de la loi Fabius-Gayssot, ou lex Faurissonia, c’est qu’elle est dénuée d’hypocrisie. Elle est d’un parfait cynisme. Elle établit franchement un dogme historique. Même un dictateur comme Staline n’avait jamais édicté de loi pareille. Quand Staline poursuivait les ennemis du biologiste faussaire Lyssenko [5], ce n’était pas au nom d’une loi dogmatique stipulant que seule la théorie de Lyssenko était conforme à la science et il n’a jamais existé de loi soviétique interdisant expressément de contester la « vérité » de Lyssenko, tandis que l’étonnante loi Fabius-Gayssot interdit expressément de contester « les vérités » de Nuremberg. Cette loi n’est pas stalinienne : elle est pire.

Le député Jacques Toubon a eu le courage de demander, mais en vain, la suppression de cette loi qu’il a, pour sa part, qualifiée de stalinienne. Le 21 juin 1991, il a évoqué à l’Assemblée nationale la manière dont s’était déroulé le procès du professeur Faurisson en première instance. Il en a conclu : 

La démonstration est faite du caractère inapplicable de cette loi (Fabius-Gayssot) qui, j’en suis sûr, ne sera plus appliquée. Plus aucun avocat ne viendra citer sur cette base [6]

J. Toubon se trompait. Bien d’autres révisionnistes sont actuellement poursuivis en France sur le fondement de cette loi inique. C’est le cas à Paris, à Nice, à Fontainebleau, à Caen, à Amiens (et peut-être à Nancy). D’ailleurs le premier révisionniste qui ait été, à ce jour, condamné en appel n’est pas le professeur Faurisson mais un jeune ingénieur chimiste de Caen, Vincent Reynouard. Il ne fait malheureusement pas de doute qu’à Nice et à Fontainebleau les condamnations de première instance seront confirmées en appel.

Les journaux français, et en particulier Le Monde, ont passé sous silence ou ont à peine mentionné le verdict – pourtant historique – du 9 décembre 1992. Selon un usage consacré, l’AFP a considérablement minimisé le montant des condamnations financières dont sont victimes les révisionnistes et n’a mentionné que les amendes. Pour Le Figaro, les 374 000 F se réduisent à... « trente mille francs d’amende pour le professeur Faurisson ». Les organisations juives souhaitent que le professeur Faurisson et sa famille, ne disposant d’aucune fortune, soient accablés de lourdes peines financières mais, en même temps, elles tiennent à ce que ces sanctions restent cachées. Elles ne veulent pas que le grand public soit amené à découvrir ceci :

Un professeur à salaire unique et sans fortune personnelle a dit quelque chose d’exact et qu’il peut prouver : en conséquence, la justice française le condamne à verser à de riches menteurs une somme, pour lui, exorbitante. 

Ces organisations livrent une guerre sans pitié au Choc du mois, magazine de haute qualité, dépourvu de ressources publicitaires et croulant déjà sous le poids d’énormes condamnations financières.

Mais il y a un comble à tant d’infamies : par une série d’artifices juridiques, R. Faurisson et Le Choc du mois font face, pour une seule interview, c’est-à-dire pour un seul « délit », à... trois procès au lieu d’un. En effet, ce procès qui vient de s’achever par une condamnation à 374 000 F n’est que le premier d’un ensemble de trois procès. En principe, il ne peut y avoir qu’un procès pour un seul et même crime ou délit. En principe seulement ! En fait, pour prendre une comparaison, tout se passe comme si, accusés du vol d’une bicyclette, les inculpés étaient jugés successivement pour le vol du guidon, puis pour le vol de la roue avant et, enfin, pour le vol de la roue arrière ! R. Faurisson et Le Choc du mois peuvent donc s’attendre à deux autres condamnations financières en plus de la présente condamnation.

Il ne saurait être question pour les révisionnistes du monde entier d’abandonner à leur sort des personnes qui ont tout sacrifié pour le révisionnisme historique. En France, il est interdit d’aider quiconque à s’acquitter d’une amende ; aussi R. Faurisson et Le Choc du mois devront-ils payer de leurs propres deniers les soixante mille francs d’amende. Mais il reste permis de les aider pour toutes les autres peines financières ainsi que pour les frais considérables de leur défense.
12 décembre 1992

[Comité de défense des révisionnistes]

Notes

[1] Ces 374.000 F se décomposent comme suit : 30 000 F d’amende pour le directeur du Choc du mois et 30 000 F d’amende également pour le professeur Faurisson : 23 000 F à verser solidairement à chacune des onze associations juives et autres qui ont porté plainte contre le professeur et contre le magazine ; 60 000 F à verser à ces associations pour qu’elles publient dans deux journaux un résumé de l’arrêt ; frais de procès à verser à l’État.
[2] Le 14 juillet ou fête de la Bastille ou fête des Droits de l’homme. Un an plus tard, jour pour jour, le président François Mitterrand (socialiste) répondait, lors d’une conférence de presse dans les jardins du Palais de l’Élysée, à un journaliste qui l’interrogeait sur l’espèce de tabou entourant l’histoire de la seconde guerre mondiale, qu’un tel tabou n’existait pas et qu’en France tout le monde pouvait s’exprimer librement sur le sujet ! Laurent Fabius, député socialiste, d’origine juive, a revendiqué publiquement l’initiative de la loi antirévisionniste tandis que Jean-Claude Gayssot, députe communiste, n’a fait que donner son nom à cette loi (officiellement « loi Gayssot »). 
[3] « Crimes contre l’humanité » signifie dans la pratique « crimes contre les juifs ».
[4] En Allemagne, la loi abusivement dite « du mensonge d’Auschwitz » (article 194) n’a pas du tout la même signification que la loi Fabius-Gayssot même si, bien entendu, on en fait hypocritement usage pour condamner les révisionnistes. L’Autriche vient de prendre modèle sur la France. La Belgique et la Suisse s’apprêtent à en faire autant.
[5] Il se trouve que le faussaire Trophim Lyssenko a été l’un des quatre membres de la Commission d’enquête soviétique qui a décrété que le massacre de Katyn était dû aux Allemands. Le rapport de cette commission (doc. URSS-054) a eu valeur de « preuve authentique » pour les juges du tribunal de Nuremberg en vertu d’une disposition de l’article 21 du statut de ce tribunal. Il est donc erroné de prétendre, comme on le fait parfois aujourd’hui, que les juges de Nuremberg n’ont pas attribué ce massacre aux Allemands. Parmi les trois compères de l’académicien T. Lyssenko figuraient l’académicien Burdenko et le métropolite Nicolas : ces deux derniers ont fait partie de la commission d’enquête soviétique qui a décrété que les Allemands avaient utilisé à Auschwitz des chambres à gaz homicides et que dans ce camp il était mort quatre millions de détenus (doc. URSS-008). Les juges de Nuremberg ont également considéré que ce rapport avait valeur de « preuve authentique ». Depuis 1990, le chiffre des morts d’Auschwitz a été ramené à un million-un million et demi, ce qui constitue encore une énorme exagération.  
[6] Journal officiel, Débats parlementaires, 22 juin 1991, p. 3572.