Tuesday, June 25, 1991

Texte en droit de réponse au "Monde"


En vertu de la loi du 13 juillet 1990, tout Français qui « conteste » publiquement l’existence de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration allemands est passible des tribunaux. Tel a été mon cas. Les 21 et 22 mars, j’ai comparu devant le juge Grellier pour ce motif. Dans votre livraison du 23 mars, Laurent Greilsamer prétend rendre compte de ma déposition. En fait, il ne s’agit pas d’un compte rendu mais d’un pamphlet à la fois par le ton et par le traitement du sujet. Il écrit : « Sûr de lui, parfois dédaigneux, [M. Faurisson] avait traîné au pied du tribunal trois lourds cabas bourrés de volumes savants pour faire taire ses contradicteurs. » La réalité est que j’avais fait apporter six lourds sacs de documents... pour le tribunal et pour la partie adverse. Et si la presse française a cru devoir, à la différence de M. Greilsamer, tant parler de ces documents, c’est parce qu’il s’agissait avant tout des quarante et un volumes des débats et documents du procès de Nuremberg. J’avais demandé à mes accusateurs de nous trouver dans ces vingt-cinq mille pages une seule preuve d’une politique de destruction physique des juifs ou une seule preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz hitlérienne. Après tout, la nouvelle loi invoquait le procès de Nuremberg et la partie adverse (onze associations et le ministère public) l’invoquaient aussi dans leurs conclusions écrites. Incapable de relever mon défi, la partie adverse m’a traité d’antisémite.

Quant à ce que j’appelais « le cœur du cœur du sujet » (ces chambres à gaz sont-elles possibles au point de vue de la physique et de la chimie ?), M. Greilsamer affirme que je n’y suis « jamais arriv(é) ». Or, j’en ai traite d’emblée. Pour cela, j’ai exposé le résultat de mes propres recherches en la matière et je me suis appuyé sur quelques autres livres et documents mis par mes soins à la disposition du tribunal et de la partie adverse : le livre de l’historien juif américain Arno Mayer sur La « Solution finale » dans l’histoire, un livre de Raul Hilberg, un livre de J.-C. Pressac, le rapport Leuchter sur Les Présumées Chambres à gaz homicides d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek et le très étonnant rapport, qu’on passe sous silence, de l’Institut d’expertises de médecine légale de Cracovie sur les chambres à gaz d’Auschwitz et de Birkenau (24 septembre 1990). J’ajoute, car le point a son importance, que toutes ces pièces ont été apportées sous leur forme d’origine et parfois avec leur traduction.

Pour M. Greilsamer, mon « discours » aurait été sans ordre et sans guère de logique. Je note cependant que, dans son jugement de condamnation, le tribunal déclarera, pour sa part, que mon « discours » était « cohérent et logique ».


25 juin 1991

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[Texte en droit de réponse refusé par Le Monde. – NdE]