Friday, April 15, 2016

Ma présence à la journée de Rivarol, le 9 avril 2016


« Le Petit Journal » de Canal + m’a consacré une minute (à partir de 1758 ici). En une minute il m’a cité deux fois mais, à chaque fois, il a tronqué et dénaturé mes propos.
La première fois, on m’entend déclarer abruptement que les Allemands du Troisième Reich ne recherchaient pas « la solution finale de la question juive » (die Endlösung der Judenfrage) ». On attend la suite mais elle ne viendra pas. Je l’avais pourtant donnée. J’avais, en effet, ajouté que, selon l’exacte et complète formulation, les Allemands aspiraient à « une solution finale territoriale de la question juive » (eine territoriale Endlösung der Judenfrage). Voilà qui change la perspective !
La seconde fois, on m’entend dire bizarrement que je n’ai pas vu de chambre à gaz mais … une fumée blanche ! La réalité est la suivante : au début des années 1960, je m’étais rendu au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) de Paris et j’avais demandé à y voir « une photo de « chambre à gaz [nazie] ». Au bout d’une heure de recherches désespérées dans les livres et documents, ouverts puis refermés, Madame Imbert, archiviste-bibliothécaire, n’avait pu me fournir que trois photos dont aucune ne montrait une telle chambre à gaz mais tout au plus des détenus à casquette, en plein air, près de cadavres gisant à terre, à proximité d’un feu dégageant de la fumée blanche. Au lieu d’une arme nécessairement sophistiquée, de la fumée de broussaille !
En ce 9 avril 2016, à mon arrivée sur le lieu où s’était donné le banquet de Rivarol, j’avais été chaleureusement accueilli par deux cents à trois cents personnes qui me réservaient une ovation debout au cri répété de « Faurisson a raison ! » : surprise ! A la fin de mon exposé, qui n’allait durer qu’un peu plus d’une heure parce qu’il me fallait prendre le train de retour en province, on me gratifiait d’une nouvelle ovation : surprise là encore ! De son côté, Jean-Marie Le Pen s’était préalablement esquivé pour n’avoir pas à me rencontrer.
Tout s’est donc bien passé sauf que je viens d’apprendre qu’avec une extraordinaire célérité, on a décidé de m’attraire en justice pour mon intervention. Une fois de plus depuis 1978-1979. Le 27 juin 1979, dame Baluze-Frachet, présidente, à Lyon, d’un tribunal de simple police, m’avait déjà notifié l’attendu suivant : « Attendu que les chambres à gaz ont existé, et que le simple fait de vouloir insérer dans un quotidien un article dont l’auteur se pose la question de leur existence porte atteinte aux bonnes mœurs » ! Quatre mois plus tôt était parue dans Le Monde du 21 février une étrange déclaration signée de 34 historiens (dont Fernand Braudel). Il s’agissait d’une réponse à ma demande d’une explication technique portant sur la nature et le fonctionnement de l’arme spécifique du crime spécifique de « l’Holocauste » : la magique chambre à gaz. On me rétorquait alors : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu ».
Nous sommes en 2016 et je n’ai toujours pas reçu de réponse à ma demande. En France, comme à l’étranger, aucune instance judiciaire ne s’est même risquée à ordonner une expertise médico-légale du crime le plus horrible, nous dit-on, de tous les temps : les gazages de masse. Cette expertise nous aurait permis de voir « la scène de crime » et de comprendre le fonctionnement de « l’arme du crime ». Il y avait eu une exception : l’expertise confiée, pour le camp du Struthof, près de Strasbourg, au professeur René Fabre, doyen de la Faculté de pharmacie de Paris et toxicologue. C’est le 27 mars 1980 que j’en ai personnellement découvert le résultat, obtenu le 1er décembre 1945. Ledit résultat avait été négatif. Même un Jean-Claude Pressac en conviendra dans l’ouvrage qu’il publiera en 1985 sous le patronage de la Beate Klarsfeld Foundation sous le titre de The Struthof Album ; il écrira : « toxicological testing was negative » (p. 12), « toxicological analyses, which seem to have yielded negative results … » (p. 41) et « the toxicological examination for cyanide did not yield any positive results » (ibid.) ; (« l’évaluation toxicologique avait été négative », « les analyses toxicologiques qui semblent avoir livré des résultats négatifs … », et « l’examen toxicologique pour la recherche de cyanure n’a livré aucuns résultats positifs »).
Sur ce point et sur d’autres concernant la prétendue « chambre à gaz » du Struthof, devenue un monument historique, on consultera le texte que j’ai intitulé « Il est temps d’en finir avec la  “chambre à gaz” du Struthof et ses 86 “gazés” » (30 mai 2013) ; on en lira, tout particulièrement, la section portant sur « Le cas personnel de R. Steegmann ».
En 1945-1946, le véritable organisateur de l’infâme procès de Nuremberg avait été le très cynique procureur américain Robert Jackson pour qui ce procès était et devait être, selon ses propres mots, une « continuation de l’effort de guerre des Nations Unies » contre l’Allemagne vaincue. Pour ma part, à la fin de mon intervention, j’ai déploré qu’au terme d’une nouvelle  guerre de trente ans (1914-1945) les vainqueurs aient cru devoir ajouter jusqu’à ce jour plus de soixante-dix ans d’une sorte de guerre perpétuelle où, comme on le sait, la première victime est inévitablement la vérité. Qui dit guerre dit mensonge et propagande.
Pour commencer par la France, observons le cas de nos jeunes générations, abreuvées d’une propagande holocaustique qui les assomme. Peut-être serait-il temps de leur épargner, à la fin des fins, le constant rappel des « temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et, même, s’entretuaient » (Georges Pompidou, déjà en 1972).
15 avril 2016

NB :  Un enregistrement complet de mon intervention se trouve ici.

Friday, April 8, 2016

My thanks to Hadding Scott

Having read the French version of my article of March 8, 2016 about the cat that, in Canada in 1936, allegedly caused the gas chamber in which it was set to be killed to explode, the American Hadding Scott has made a fitting observation, for which I thank him. In an exchange of messages with Jim Rizoli he first points out that the “standard” means for the lethal gassing of domestic animals in North America is carbon monoxide (CO), then adds that he does not see how I could assume that the gassing was done with hydrogen cyanide (HCN). (“Did you point out to Faurisson that the standard gas for gassing animals here is carbon monoxide? I see on his blog that he is assuming that it was HCN that the cat caused to explode. I don’t see how this is a justified assumption.”)

To tell the truth, I wrote that the nature of the gas used “was not specified” and that “it was very likely hydrocyanic acid, or hydrogen cyanide (HCN)”. But Hadding Scott is right: I should have recalled that the gas ordinarily used to destroy dogs and cats was carbon monoxide (CO) while the gas employed to get rid of foxes (in their burrows), mice and rats, as well as lice and other insects along with their eggs and larvae, was HCN (in the form of Zyklon B). Then, on top of that, in the particular case of the cat lucky enough to get out of a bad fix, it was certainly not HCN that was used; in a gas chamber HCN, a good deal more devastating in its potency than CO, would have left the cat no chance to escape as it did.

As I said in the third sentence of my article, I above all wanted to seize the “occasion” that “present[ed] itself to recall the explosive nature of [HCN], sometimes used to kill pests or to execute a condemned man”. I wanted, once again, to insist on what I consider the most overwhelming argument against the lie and the myth of the alleged “Nazi gas chambers”, an argument that can be summarised in the follow words: the “Nazi gas chambers” of Auschwitz and Birkenau were supposed to operate with HCN, the essential component of Zyklon B; however, this gas is highly inflammable, highly explosive and highly dangerous for the personnel and for the surrounding area (I cited, on that account, a French ministerial document from 2011). It would therefore have been sheer madness, for German chemists and builders, to install such chemical slaughterhouses in structures housing crematory ovens (which took hours to heat to 900° C)! In the case of Krema I, the alleged gas chamber and the oven room adjoin one another without even a door between them and, at the moment of the evacuation of the gas, stretches of deadly hydrogen gas could not have avoided the SS-Revier, that is to say, the infirmary reserved for SS, twenty metres away.

I shall remind my readers that I have never, over the decades, received a reply to this argument, the idea of which came to me in the late 1970s. On March 19, 1976 I discovered the building plans of all the crematoria at Auschwitz and Birkenau, which until then had been kept carefully hidden and which revealed to me the perfectly innocuous nature of the spaces allegedly used, respectively, for the undressing of the alleged victims and for their alleged gassing; actually, those rooms were meant for storing corpses awaiting cremation (sometimes with the distinction between bodies not yet in coffins and bodies placed in coffins). Shortly before, I had discovered the lengthy Nuremberg document NI-9912 describing Zyklon B in the greatest detail and, in particular, the terrible danger of explosion that it posed (“Explosionsgefahr”).
April 8, 2016

Mes remerciements à Hadding Scott

Prenant connaissance de la version française de mon article du 8 mars 2016 sur le chat qui aurait, en 1936 au Canada, fait exploser la chambre à gaz où l’on prétendait le tuer, l’Américain Hadding Scott a fait une juste observation, dont je le remercie. Il nous rappelle d’abord que le moyen « standard » pour le gazage des animaux domestiques en Amérique du Nord est l’oxyde de carbone (CO) ; puis, il ajoute qu’il ne voit pas comment j’ai pu supposer que le gazage se faisait avec de l’acide cyanhydrique (HCN).

A vrai dire, j’avais écrit que la nature du gaz employé « n’était pas spécifiée » et qu’ « il s’agissait fort probablement d’acide cyanhydrique ou cyanure d’hydrogène (HCN) ». Mais Hadding Scott a raison : j’aurais dû rappeler que le gaz habituellement utilisé pour euthanasier les chiens et les chats était l’oxyde de carbone (CO) tandis que le gaz employé pour se débarrasser des renards (dans leurs terriers), des souris et des rats, ainsi que des poux et d’autres insectes avec leurs œufs et larves était le HCN (sous la forme du Zyklon B). Il y a mieux : dans le cas particulier de ce chat assez chanceux pour se tirer d’affaire, ce n’est certainement pas du HCN qui a été employé ; dans une chambre à gaz, le HCN, bien plus foudroyant que le CO, ne lui aurait laissé aucune chance de s’échapper comme il l’a fait.

Ainsi que je le disais dès la troisième phrase de mon article, j’ai surtout voulu saisir « l’occasion » qui « se présent[ait] de rappeler le caractère explosif [du HCN] employé parfois pour tuer des nuisibles ou pour exécuter un condamné à mort ». J’ai voulu, une fois de plus, insister sur ce que je tiens pour l’argument le plus dirimant contre le mensonge et le mythe des prétendues « chambres à gaz nazies ». Cet argument peut se résumer dans les termes suivants : les « chambres à gaz nazies » d’Auschwitz et de Birkenau étaient censées fonctionner au HCN, composant essentiel du Zyklon B ; or, ce gaz est à la fois hautement inflammable, hautement explosif et hautement dangereux pour le personnel et pour les environs (je citais là-dessus un document de l’Institut National de Recherche et de Sécurité français datant de 2011) ; il aurait donc été pure folie, pour des chimistes et des constructeurs allemands, d’aller installer de tels abattoirs chimiques dans des bâtiments contenant des fours crématoires (auxquels il fallait des heures pour être portés à 900 degrés) ! Dans le cas du Krema I, la prétendue chambre à gaz jouxte la salle des fours sans même une porte de séparation et, au moment de l’évacuation du gaz, les nappes du mortel gaz cyanhydrique n’auraient pu, à vingt mètres de là, éviter le SS-Revier, c’est-à-dire, l’infirmerie hospitalière réservée aux SS.


Je rappelle que, depuis des lustres, je n’ai jamais reçu de réponse à cet argument dont l’idée m’est venue à la fin des années 1970. Le 19 mars 1976, j’avais découvert les plans de tous les crématoires d’Auschwitz et de Birkenau, des plans jusqu’alors soigneusement tenus cachés et qui m’ont révélé la nature parfaitement inoffensive des salles prétendument utilisées, les unes pour le déshabillage des prétendues victimes et les autres pour leur prétendu gazage ; en réalité, il s’agissait de pièces destinées à entreposer les cadavres en attente de leur crémation (parfois avec la distinction entre cadavres non encore en cercueil et cadavres mis en cercueil). Peu auparavant, j’avais découvert le long document de Nuremberg NI-9912 décrivant dans le plus grand détail le Zyklon B et, en particulier, son terrible danger d’explosion (« Explosionsgefahr »).

8 avril 2016

Thursday, April 7, 2016

Deux déclarations de Jean-Marie Le Pen, en 2012 et en 2016, sur les chambres à gaz nazies

La plus connue des déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les prétendues chambres à gaz nazies remonte à 1987. On l'entend dire alors 
Je me pose un certain nombre de questions [à leur sujet]. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question ; mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.
(http://www.dailymotion.com/video/xxiot_jean-marie-le-pen-point-de-detail-1_news)
Il semble qu'il entendait par là que ce moyen de tuer n'était, dans toute l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, qu'un moyen de tuer parmi tant d'autres. Il ne parlait vraisemblablement pas d'un crime mais de l'arme ou du moyen utilisé pour perpétrer ce crime. Mais les journalistes, lui coupant la parole et lui enlevant toute possibilité d'explication, ont littéralement fondu sur leur proie, s'indignant bruyamment de ce qu'ils venaient d'entendre et croyant ou affectant de croire que J.-M. Le Pen avait traité de « point de détail »... le meurtre de six millions de juifs. De son côté, il allait, à son tour, manifester son indignation et, coupant court, leur lancer
Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, [que] c'est une obligation morale ? Il y a des historiens qui débattent de cette question. 
Curieusement, le 2 ou le 3 octobre 2012, lors d'un entretien avec Andréa Bambino de l'AFP, il se fendra d'une toute autre déclaration, particulièrement intéressante mais qui est passée quasiment inaperçue :
Les chambres à gaz ont une importance fondatrice dans la politique française, colossale  incontournable.  (http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20121005.AFP1147/jean-marie-le-pen-en-refusant-l-alliance-avec-le-fn-la-droite-a-ete-suicidaire.html)
Le 7 avril 2016, à la suite de deux condamnations judiciaires, l'une pour l'usage, une fois de plus, de l'expression de « point de détail » et l'autre pour des propos moqueurs sur les Roms, il vient de déclarer : 
Ces réactions sont disproportionnées. Il y a un mystère autour des chambres à gaz, c'est ça ? Je ne vais quand même pas aller à Auschwitz demander pardon ! (http://www.egaliteetreconciliation.fr/Deux-condamnations-pour-Jean-Marie-Le-Pen-38725.html)
Quelles peuvent bien être, à cette heure, les convictions profondes de J.-M. Le Pen sur ces « chambres à gaz » qui, dans la politique française, ont, d'après ses propres mots, une importance non seulement « fondatrice » mais aussi « colossale » et « incontournable » ? Que pense-t-il au juste du « mystère » (sic) qui entoure ces chambres à gaz ? Et, si l'on voulait qu'il demande pardon et aille à Auschwitz comme on va à Canossa, que serait-il capable, à bout de patience, de faire et de dire ?       
7 avril 2016

Thursday, March 10, 2016

Serge Klarsfeld contre les outrances de son propre camp


A mesure que le révisionnisme marque des points sur le plan historique et scientifique, le tamtam holocaustique, lui, ne fait que croître cependant que la répression judiciaire contre les révisionnistes, elle, s’aggrave à proportion. Des organisations ou des individualités juives ou sionistes en appellent plus que jamais à la chasse, tout à la fois, aux « négationnistes » et aux « nazis » ; elles le font sans le moindre scrupule et au mépris des droits de l’homme les plus élémentaires. Parmi ces droits figuraient, au moins en principe, le droit au doute et à la recherche et le droit de ne pouvoir être condamné en justice que sur le fondement de preuves. Ces temps-là sont révolus. Aujourd’hui une loi spécifique, la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990, également appelée en latin « la loi Faurisson », interdit le droit au doute et à la recherche en matière de « Shoah » et il devient possible, en ce qui concerne les anciens « nazis », même s’ils ont été déjà jugés et condamnés après la guerre, de les juger à nouveau soixante-dix ans plus tard au mépris de l’adage « ne bis in idem » et de les condamner, cette fois-ci, sans preuves et sans témoins.
            A titre d’un exemple d’outrance, nous pourrions aujourd’hui citer le procès du 16 juin 2015, à Paris, où une présidente de tribunal, cyniquement, s’est permis de me signifier d’emblée, au moment même où j’entamais l’exposé de mes arguments de défense, qu’elle ne prêterait pas attention à mes propos car : « Le tribunal sait à quoi s’en tenir sur le négationnisme ». Par la suite, elle allait ponctuer chaque point de mon exposé du même refrain : « Vos arguments n’intéressent pas le tribunal ». Autrement dit, à l’en croire, les trois juges composant ledit tribunal avaient d’avance « fait leur siège ». Mais voici bien plus grave : en Allemagne et en Autriche, l’habitude s’est prise d’infliger aux révisionnistes des condamnations d’une incroyable lourdeur notamment grâce au système des peines cumulatives. En Allemagne, l’avocat Horst Mahler a été ainsi condamné à onze ans de prison au total et son avocate, Sylvia Stolz, a reçu une peine de trois ans de prison pour avoir, paraît-il, défendu son client avec trop d’ardeur. En Autriche, Wolfgang Fröhlich, ingénieur et  spécialiste de la désinfection, s’est vu infliger treize années d’emprisonnement. Tout cela essentiellement parce qu’il est interdit de mettre en doute ou de contester l’existence de la magique chambre à gaz dont il n’existe pourtant à ce jour aucune expertise médico-légale ordonnée par un tribunal ; ce qui signifie qu’aucun tribunal n’a été en mesure de véritablement décrire « la scène de crime » et « l’arme du crime ». Nous sommes là en pleine magie noire et, notons-le, il ne se trouve pas une seule « belle conscience » pour élever une protestation contre ces extraordinaires dévoiements de la justice.
Le cas, abominable, de John Demjanjuk
Le comble a été atteint avec la chasse aux « vieux nazis » qu’on peut aller chercher jusque dans leurs mouroirs. De plus en plus de nonagénaires sont désormais traités comme l’a été le malheureux John Demjanjuk. Ukrainien d’origine, devenu citoyen américain, il avait été, en 1986, livré par les Etats-Unis à la justice israélienne et incarcéré à Jérusalem. En un premier temps, en 1988, il avait été condamné à la pendaison pour des crimes censément commis à Treblinka ; en fait de preuve contre lui, on invoquait un document obtenu du KGB et, en fait de témoignages, dix-huit témoins avaient attesté de ce que, sous le surnom d’Ivan le Terrible, il avait participé au gazage de juifs à Treblinka, un camp où, de son côté, il affirmait avec insistance n’avoir jamais été présent et où les magistrats n’avaient aucune preuve de sa présence, un camp, qui plus est, où au « procès de Nuremberg » le document « Paris-Storey 3311 », document à valeur de preuve authentique interdite de contestation (article 21 du Statut), c’est à la vapeur et dans des « chambres à vapeur » que les victimes étaient tuées et non pas au gaz. Une fois emprisonné, pendant plus de quatre ans, il avait, presque chaque matin, attendu d’être conduit au gibet. Puis, soudain, par miracle – à la faveur de l’effondrement du communisme en Russie –, on allait s’apercevoir que la preuve fournie par le KGB était dépourvue de valeur et que le surnom d’Ivan le Terrible avait été en fait celui d’un certain Ivan Marchenko, décédé. Le jugement rendu contre Demjanjuk était alors cassé. Les dix-huit témoins s’étaient rendus coupables de faux témoignage. Le pauvre homme retrouvait la liberté, recouvrait la nationalité américaine et regagnait les Etats-Unis. C’était sans compter sur la hargne de certains justiciers, outrés de voir leur proie leur échapper. En un second temps, en 2001, un nouveau procès lui est intenté aux Etats-Unis à l’instigation de ces furieux. Cette fois-ci, ce n’est plus à Treblinka qu’il est censé avoir participé au massacre de juifs (ce n’était là qu’une simple erreur de localisation !) mais à … Sobibor ! En 2004, sa nationalité américaine lui est à nouveau retirée. En 2009, il est livré non plus à l’Etat d’Israël qui avait échoué à la face du monde dans son œuvre de vengeance mais à l’Allemagne, pays dont la soumission aux oukases moralisatrices est totale. En 2009, à Munich, commence son procès où il arrive en fauteuil roulant. Le 12 mai 2011, il est condamné à cinq ans de prison. Dix mois plus tard, en mars 2012, il meurt, à près de 92 ans, au terme d’un calvaire de vingt-six années. Lors de ce dernier procès, les magistrats allemands n’avaient jamais pu faire état du moindre détail sur son activité supposée dans ce camp où, pour sa part, il niait, comme pour Treblinka, avoir jamais mis les pieds. Mais, aux yeux de la justice allemande, cela n’avait aucune importance. Les juges avaient tout bonnement décrété que, dans sa jeunesse, le vieil homme avait été présent dans une localité de Pologne où, plus de soixante-dix années auparavant avaient été commis, disaient-ils sans le prouver, des crimes extravagants par leur nature et par leur quantité. A l’ultime étape de ses épreuves, le nonagénaire avait fini par se retrouver, jour après jour, sur une civière, face à ses juges ; exténué, il était devenu incapable de parler et ne comprenait apparemment plus rien de ce qui se jouait dans le prétoire. Couché sur sa civière et branché sur le goutte-à-goutte, il bavait, la bouche ouverte. Signe des temps : en France, par exemple, un journaliste du Monde, du nom de Nicolas Bourcier, se félicitera du « tour de force juridique » qui avait permis de condamner ainsi un homme sans preuve, sans témoignage, sans aveu. Encore tout récemment, le journaliste Yves Carroué, signant un article intitulé « Le temps presse pour la justice » (La Montagne [et autres journaux de la même chaîne], 1er mars 2016) a rappelé le cas de John Demjanjuk à l’occasion d’un procès intenté en Allemagne à Hubert Zafke, âgé de 95 ans. Ce dernier, dans sa jeunesse, avait été infirmier à Auschwitz. Le journaliste, se faisant l’écho de l’accusation, manifeste le désir de voir la justice allemande arriver à ses fins mais ne révèle pas franchement et directement à ses lecteurs par quels odieux procédés celle-ci y parviendra. Il affirme froidement que « 3 681 juifs […] ont été gazés dès leur arrivée à Auschwitz, le camp emblématique de la Shoah, entre le 15 août et le 14 septembre 1944 ». Son article s’orne d’une photo d’Anne Frank portant « Anne Frank. Arrivée avec les siens à Auschwitz sous les yeux d’Hubert Zafke. AFP ». On voit par là que, pour lui, ces gazages sont un crime avéré et qu’on peut légitimement écrire que l’arrivée des victimes s’est faite « sous les yeux » (sic) du jeune infirmier. Il s’abstient de signaler qu’aucune preuve médico-légale n’a été rapportée d’un tel crime et que, si les Frank ont été effectivement détenus au camp d’Auschwitz, aucun n’y a été « exterminé ». Anne elle-même et l’une de ses sœurs mourront du typhus, peu avant l’arrivée des troupes britanniques, au camp de Bergen-Belsen, ravagé par les épidémies. Leur mère est morte le 6 janvier 1945 à l’infirmerie d’Auschwitz. Leur père survivra à sa déportation et mourra en 1980, à l’âge de 91 ans, à Bâle, où j’étais allé l’interroger les 24 et 25 mars 1977.

Pire que les procès de sorcellerie
De quel droit peut-on se permettre aujourd’hui de tourner en dérision les procès de sorcellerie d’un lointain passé ? Au moins la Sainte Inquisition se souciait-elle de chercher et de « trouver » ou d’inventer des preuves de la rencontre de telle sorcière avec le Diable. Au moins disposait-elle d’un répertoire où étaient, par exemple, énumérés, nous dit-on, les soixante endroits du corps de la femme où pouvaient se déceler les traces du passage du Diable. De nos jours, au XXIe siècle, les juges allemands sont payés pour savoir que peu importe la recherche de preuves : il est entendu que les nazis et les négationnistes (indistinctement assimilés les uns aux autres) constituent une engeance dont, à longueur de temps, les médias du monde occidental nous inculquent qu’ils sont la lie de l’humanité et ne méritent pas le moindre égard. Nos juges tendent à lire dans les cœurs, dans les pensées et, surtout, dans les arrière-pensées de ces suppôts de Satan. Apparemment ils y découvrent d’effroyables noirceurs, ce qui leur suffit pour condamner. Ces dignes magistrats, qu’ils soient français, allemands, autrichiens, polonais, anglais, belges, néerlandais, canadiens, américains ou autres ont appris leur leçon sur les bancs de l’école, du collège ou du lycée, de l’université où on leur a inculqué l’article premier du catéchisme en vigueur dans les médias : « Il ne peut y avoir de liberté pour les ennemis de la liberté ». Ces magistrats passeront donc condamnation, la conscience tranquille.
S. Klarsfeld en personne dénonce un processus judiciaire sans précédent dans l’histoire
            Encore récemment, je me demandais jusques à quand de telles infamies pourraient ainsi se perpétuer sans qu’aucune voix ne s’élève pour les dénoncer ne fût-ce que timidement. Ce jour est arrivé à la fin du mois de février 2016 et cette voix a été celle de … Serge Klarsfeld en personne !
            Pas un avocat, pas un historien n’a, autant que S. Klarsfeld, donné de gages de son antinazisme. Aux côtés de son épouse Beate et de leur fils Arno, il a ainsi consacré son existence, leur existence, à une cause qu’il tenait et qu’il continue de tenir pour sacrée. De ce point de vue, nul ne saurait lui faire la leçon et lui reprocher quelque complaisance que ce fût pour ses adversaires. Il est même allé beaucoup trop loin dans son ardeur à s’en prendre au révisionnisme. Il a trouvé « naturelle et normale » l’agression du 19 septembre 1989 où j’ai failli trouver la mort sous les coups d’un groupe de juifs. Je l’ai surpris à manipuler des textes ou des chiffres pour leur faire dire ce qu’ils ne disaient pas ou à cautionner une histoire rocambolesque de 1000 juifs français gazés à Auschwitz dans leur lit (sic). Mais, en revanche, je l’ai aussi vu courir le risque de se faire prendre à partie par Georges Wellers et d’autres extrémistes pour avoir déclaré qu’encore en 1985 on ne possédait pas vraiment de preuves de l’existence des chambres à gaz nazies. Pour lui, Jean-Claude Pressac avait enfin apporté ces preuves. Aussi, ce « pharmacien de banlieue » (dixit Pierre Vidal-Naquet) avait-il été généreusement financé par la Beate Klarsfeld Foundation afin de poursuivre ses travaux et publications anti-révisionnistes. Las ! Le 15 juin 1995, soit un mois après sa cruelle humiliation subie le 9 mai à l’un de mes procès devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, J.-C. Pressac avait fini par abdiquer et par reconnaître que le dossier de l’histoire officielle des camps nazis, « pourri » par trop de mensonges, était voué « aux poubelles de l’histoire » (Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 651-652). Bref, S. Klarsfeld reste, jusqu’à nouvel ordre, un personnage capable de reconnaître que, dans son propre camp, on peut avoir commis de graves excès ou erreurs.
D’une manière plus générale, il se peut que, l’âge venant, il se soit rendu compte que de tels excès ou de telles erreurs finissent par desservir la cause juive et la cause sioniste. Il ne saurait lui échapper que, dans le monde entier, les jeunes générations comprennent mal qu’une guerre qui aurait dû prendre fin en 1945 se poursuive encore aujourd’hui, de manière de plus en plus lancinante, depuis soixante-dix ans. Que signifient, en effet, ces ressassements encore aujourd’hui, d’un passé si lointain, avec ces exhibitions de « témoins » d’un autre âge qui appellent à « la haine de la haine » et débitent, la larme à l’œil et la voix tremblante, des récits stéréotypés, fumeux et tellement convenus ? Que veut dire ce pharisaïsme qui consiste à prétendre que, dans une lointaine et atroce boucherie, celle de 1939-1945, le vainqueur ne s’était guère signalé que par de belles actions tandis que le vaincu n’avait guère commis que des crimes ? Comment peut-on continuer d’admettre que le vainqueur avait le droit de juger et de pendre le vaincu ? Le fait est là : depuis sa fin apparente en 1945, la Seconde Guerre mondiale se poursuit, inlassablement, quoique par d’autres moyens que celui des armes. Certains continuent de mener leur propre guerre contre l’Allemagne, contre l’Autriche, contre bien d’autres pays ou entités d’Europe censés avoir eu leur part de responsabilité dans les malheurs des juifs. Les crimes imputés au Japon ne font plus l’objet de procès et les crimes gigantesques commis par les vainqueurs (en particulier, par Staline, Roosevelt et Churchill) sont oubliés quand ils ne sont pas présentés comme des actions d’éclat. Les récriminations les moins fondées sont lancées par des organisations juives contre le Vatican, la Suisse, la France et les extorsions financières se poursuivent au nom des « réparations ». Cette mise en coupe réglée devient de moins en moins compréhensible.
Le 2 février 2016, S. Klarsfeld lance un premier pavé dans la mare lors d’un entretien avec Laurent Ribadeau-Dumas. A la question : « Faut-il juger les derniers criminels nazis ? » il répond d’abord au sujet de ces criminels que, depuis le procès Demjanjuk, « Il n’y a plus à prouver leur implication personnelle. Ils sont automatiquement accusés sauf s’ils réussissent à prouver leur innocence ». En un long et surprenant développement il ajoute qu’il y a là un « problème ». Ecoutons-le : « Le problème, c’est que cela se fait sans preuve et ne relève pas des principes d’une justice équitable. On s’intéresse ainsi à des gens qui ont occupé des fonctions subalternes comme des gardiens de camp, pour des faits pour lesquels il existe très peu de témoins survivants. Et si l’on en trouve encore, ceux-ci ont souvent une mémoire défaillante. Il manque aussi des preuves écrites en raison du caractère subalterne des personnes incriminées ». Il conclut au sujet du processus adopté : « C’est un processus maladroit qui va continuer jusqu’à la disparition des dernières personnes impliquées. Je ne sais pas s’il y aura une décision de la Cour fédérale allemande. Il se peut qu’elle annule les précédentes décisions de justice. – Dans ce contexte, l’évolution de ces affaires ne peut pas donner une pleine satisfaction à ceux qui veulent voir des jugements aboutir. Il restera toujours un sentiment de malaise ».

Mais le second pavé de S. Klarsfeld sera beaucoup plus lourd. On en apprendra l’existence dans un long article de L’OBS du 29 février 2016. Il s’agit de « propos recueillis par Sarah Diffalah ». Vu son importance, je le reproduis ici dans son intégralité, en me contentant d’en souligner les fragments essentiels.


L’OBS  29 février 2016
L’OBS
Un ex-infirmier d’Auschwitz jugé : « La justice, dans ces cas, est symbolique »

Le procès d’Hubert Zafke, 95 ans, ancien infirmier à Auschwitz, démarre ce lundi. Serge Klarsfeld, président de l’association des fils et filles des déportés juifs de France, réagit.

Sarah Diffalah     Publié le 29 février 2016 à 08h40

Ce lundi 29 février, s’ouvre à Neubrandenbourg (nord-ouest de l’Allemagne) le procès d’Hubert Zafke, 95 ans, ancien infirmier d’Auschwitz jugé pour « complicité » dans l’extermination de 3681 Juifs. L’homme avait 19 ans à l’époque et était en poste lorsque le convoi d’Anne Franck [sic pour Frank], ses parents Otto et Edith et sa sœur aînée Margot est arrivé. Le tribunal, dans un premier temps avait refusé en juin 2015 d’ouvrir un procès, invoquant la santé déclinante du vieillard. Une décision invalidée en appel au motif que l’ancien SS n’est pas totalement inapte à être jugé.

Néanmoins, la question de juger d’anciens nazis très âgés se pose de nouveau. Une douzaine de procédures sont encore en cours en Allemagne, après la condamnation à quatre ans de prison d’Oskar Gröning, l’ancien comptable d’Auschwitz. Certes, ces procès tardifs illustrent la volonté allemande de juger jusqu’au dernier criminel du IIIe Reich, mais pour Serge Klarsfeld, président de l’association des fils et filles des déportés juifs de France, cette justice jusqu’au-boutiste, qui s'exerce généralement sans preuves, pose problème. Interview.


De tels procès ont-ils encore un sens plus de 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale et face à des accusés très âgés ?

- La société allemande est, aujourd’hui, composée dans sa grande majorité de gens qui n’ont pas vécu le IIIème Reich et favorables au jugement des criminels nazis jusqu’à leur dernier souffle. Il y a 50 ans, ce n’était pas le cas : les grands criminels nazis étaient protégés par la société allemande composée à l’époque de personnes qui avaient vécu et soutenu le IIIème Reich. Il y a eu, certes, une évolution favorable de la société allemande qui a compris l’importance et l’immensité du crime qui avait été commis et qui voudrait que les criminels nazis soient jugés.

Simplement, il y a 50 ans, il y avait encore des criminels décisionnaires qui ont joué un rôle important et pour lesquels il y avait, sinon des témoins, des documents signés par eux, dont ils étaient destinataires où il était question de leurs activités. A l’époque, on a trouvé des excuses médicales pour ne pas les juger ou ne pas les condamner.

Aujourd’hui, les criminels jugés ont eu des fonctions subalternes, au bas de la pyramide du crime, pour lesquels il n’existe plus aucun témoin, ni documents. Or, la justice allemande désormais, toujours docile à la volonté de la société, considère qu’un suspect, même s’il n’existe aucune preuve, s’il occupait une fonction, même tout à fait subalterne et extérieure au crime, est considéré comme criminel sauf s’il prouve son innocence. Par exemple : les comptables n’avaient pas de contact avec les détenus, ils comptaient l’argent des personnes qui arrivaient à Auschwitz. Ils savaient qu’on assassinait mais ils ne tuaient pas, ils étaient un petit rouage. Un rouage dont on ne sait même pas quel a été le comportement à l’époque. Mais on les juge comme complices sans pouvoir prouver leur implication personnelle et [le petit rouage] sera quasi obligatoirement condamné. Alors, moi ça heurte mon sens de la justice.

Difficile de ne pas les juger non plus…

- Je ne suis pas contre, mais je ne suis pas pour non plus. C’est une situation ambiguë. Dans ma carrière, je n’ai jamais voulu juger d’autres criminels que ceux pour lesquels existaient des preuves. Je n’ai jamais pu être impliqué, me battre que lorsque j’étais convaincu de la culpabilité de quelqu’un, convaincu aussi du fait qu’il avait un libre-arbitre et qu’il avait les moyens de juger ce qu’il était en train de faire. J’ai pris soin d’étudier s’il avait les moyens d’échapper à la place qu’on lui avait assigné, s’il a pu faire autrement. Je ne peux pas me battre contre quelqu’un, qui [, à] la place où il était, a montré des sentiments humains, a fait son possible. Là, il s’agit de jeunes qui avaient 18 ans à l’époque et qui étaient en bas de la pyramide sociale. Ca n’a rien à voir avec un criminel décisionnaire qui ne courrait aucun risque et qui organisait la mort de masse d’hommes.

Dans le cas d’Hubert Zafke, je m’avoue impuissant face à un infirmier dont je ne sais pas si, par rapport à un convoi où est arrivé Anne Frank, il a adressé un sourire attristé à cette famille ou s’il leur a donné un coup de pied dans les fesses. Quand on ne sait pas, c’est difficile d’accuser.

Et puis vous retrouver face à un vieillard, comme John Demjanjuk [gardien ukrainien du camp de Sobibor condamné en 2011, ndlr] qui était sur une civière, qui bavait la bouche ouverte, et qui ne disait pas un mot, c’est un peu désarmant. Mais la justice, dans ces cas, est symbolique.

Pourquoi alors a-t-on mis autant de temps à les faire comparaître devant la justice?

- Après la guerre, l’Allemagne fédérale ne voulait pas juger les criminels importants, ceux qui ont organisé l’arrestation et la déportation de 3.000 et 4.000 personnes à chaque fois. Pourquoi ? Parce que c’étaient des gens qui avaient reçu une éducation. Ils ont été recyclés en Allemagne dans une situation honorable : ils étaient hommes d’affaires, avocats, magistrats, hauts fonctionnaires. Le SS de base, qui n’était pas cadre et qui avait tué un enfant dans un ghetto polonais, avec deux témoins lui en revanche était condamné. On a parfois jugé un certain nombre de criminels, mais c’était avec réticence.

Dans les années 1970, un chef mitrailleur d’Oradour-sur-Glane, qui avait 19 ans à l’époque, a été inculpé par le parquet de Dortmund. Mais la présidente de la Cour d’Assises des mineurs de Cologne a refusé d’ouvrir le procès estimant qu’elle n’avait pas assez d’éléments de preuve, malgré le caractère peu vraisemblable de sa déclaration où il affirmait n’avoir pas tiré. D’ailleurs l’Allemagne fédérale n’a jamais voulu juger le général Lammerding, le haut responsable d’Oradour-sur-Glane.

Et vous dites, qu’aujourd'hui c’est l’inverse : on peut condamner un infirmier ou un comptable pour qui il n’existe pas de preuves…

- La justice allemande a étendu la notion de culpabilité, qui était restreinte aux grands criminels avant. John Demjanjuk avait fait un recours après sa condamnation à Munich en 2010, argumentant que cette interprétation n’était pas valable et qu’il fallait prouver l’implication personnelle de quelqu’un dans un crime précis. Mais il est mort avant que son recours n’ait pu être examiné par la Cour suprême allemande.

En l’absence, pour le moment d’interprétation sur cette extension de culpabilité, la justice allemande, devant la pression de l’opinion publique, ne peut plus dire qu’elle ne peut pas prouver l’agissement personnel d’un gardien. Elle considère désormais que le crime a été un crime terrible, qu’elle ne peut tolérer que des gens qui étaient gardiens à Auschwitz soient impunis, que l’Allemagne doit se racheter. Alors beaucoup estiment que même ceux qui ont occupé des fonctions subalternes doivent être condamnés sans examen de leur comportement personnel. Elle préfère qu’on puisse juger les criminels jusqu’à leur dernier souffle quitte à leur donner une sentence automatique de trois ou quatre ans de prison qu’on ne pourra pas appliquer en raison de l’âge avancée des accusés. Tous les employés d’Auschwitz sont coupables, même le maçon.

C’est une situation complexe et ambiguë parce que c’est le dernier round d’un processus judiciaire qui n’a jamais eu lieu dans l’histoire de l’humanité.

Il y a eu, ces 70 dernières années, un effort de justice exceptionnelle avec les tribunaux interalliés, les justices nationales française et allemande. Il ne faudrait pas qu’il s’achève dans une sorte de malaise de voir des gens incapables de se défendre, jugés et condamnés automatiquement.
Propos recueillis par Sarah Diffalah


            En résumé, et pour reprendre essentiellement ses propres mots, on entend ici S. Klarsfeld dénoncer une justice jusqu’au-boutiste qui se passe de documents, de preuves et de témoins, une justice où l’accusé est d’avance tenu pour coupable à moins qu’il ne prouve son innocence, une justice qui condamne automatiquement, une justice qui heurte le sens qu’on peut avoir de la justice et qui crée un sentiment de malaise, une justice cédant à la pression de l’opinion publique, une justice non point réelle mais tout au plus qualifiable de « symbolique » parce qu’en réalité elle n’est qu’un semblant de justice.
            S. Klarsfeld admettra-t-il qu’on puisse encore aller plus loin et lui faire observer que cette justice-là prend sa source dans le procès même de Nuremberg (1945-1946) qui déjà obéissait à la « loi de Lynch », laquelle a donné son nom au « lynchage » ? Les articles 19 et 21 du Statut du Tribunal militaire international de Nuremberg (TMI) prononçaient déjà : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves […]. Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique mais les tiendra pour acquis ». Il jugeait en première et dernière instance, aucune procédure d’appel n’étant autorisée. Les droits de la défense étaient sévèrement restreints. Déjà le simple fait d’avoir appartenu à telle organisation et d’avoir exercé tel emploi valait condamnation automatique et peu importait la responsabilité personnelle de l’accusé. Ce qui revenait à instituer les abominations juridiques de « la responsabilité collective » et du renversement de la charge de la preuve : à l’accusé de prouver son innocence ! Comme le déclarait cyniquement le procureur général américain Robert H. Jackson le 26 juillet 1946, « Ce Tribunal représente une continuation des efforts de guerre des Nations alliées » (version anglaise des actes du TMI, tome XIX, p. 398). Par ailleurs, S. Klarsfeld a incontestablement raison de parler ici et ailleurs de « la pression de l’opinion publique » en Allemagne qui exige de plus en plus de répression expéditive contre les accusés mais s’est-il interrogé sur qui la forge, cette opinion publique ? S’est-il interrogé sur la part considérable qu’il a personnellement prise avec sa femme dans la « formation » de cette opinion-là ? Pris dans son ensemble, le peuple allemand vit dans la crainte qu’un jour des organisations juives internationales n’en viennent à décréter que « la bête immonde » est en train de faire sa réapparition en Allemagne. Ces organisations pourraient alors, une fois de plus, faire décréter du jour au lendemain le boycottage de l’Allemagne par les Nations unies. On imagine la catastrophe pour le pays. A ce titre, le révisionnisme peut apparaître au peuple allemand comme une aventure bien trop dangereuse pour l’Allemagne.
            Pour l’instant, on s’explique mal chez S. Klarsfeld ce « réveil », qui s’esquisse timidement le 21 avril 2015 dans ses propos recueillis par Vincent Vantighem dans l’article Serge Klarsfeld: «Le procès de Gröning démontre que l’Allemagne a changé de vision sur la Shoah». La vidéo qui l’accompagnait a disparu. L’écran porte la mention suivante : « Contenu Effacé. Cette vidéo n’est plus disponible car elle a été supprimée ». La formulation est bizarre ; elle revient à dire qu’il y a eu effacement parce quelqu’un a obtenu cet effacement ou en a décidé. Mais qui a effacé et pourquoi ? Le titre de l’article demeure : « Serge Klarsfeld : ‘Le procès de Gröning démontre que l’Allemagne a changé de vision sur la Shoah’ ». Oskar Gröning est cet ancien comptable d’Auschwitz dont le procès a commencé le 21 avril 2015 et qui, à 94 ans, a été condamné, le 15 juillet suivant, à quatre ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de 300 000 juifs. La légèreté de la peine peut s’expliquer par les professions de foi, antirévisionnistes et parfaitement vagues, du comptable.
S. Klarsfeld sait depuis 1965 que la chambre à gaz d’Auschwitz-I n’est qu’un trucage
            En 2015, Auschwitz aurait reçu plus de 1 700 000 visiteurs. Je suppose qu’à peu près tous ces visiteurs ont visité le bâtiment du Krema-I comportant officiellement deux pièces : une « chambre à gaz » homicide et une salle de crémation. A ma première visite du camp, en 1975, je m’étais rendu au Musée d’Etat du camp, où je m’étais présenté en ma qualité de maître de conférences enseignant à la Sorbonne et où j’exprimais mon désir d’avoir pour guide de la visite de ce Krema le meilleur des spécialistes. Un certain Jan Machalek s’était alors présenté. La porte d’entrée du crématoire étant ouverte, je lui avais désigné de loin le devant d’un four, et je lui avais demandé : « Echt ? » (« Authentique ? »). « Jawohl », m’avait-il répondu. Je l’avais alors amené devant le four et, passant le doigt sur la bouche du four, je lui avais fait constater l’absence totale de suie. Prenant une mine déconfite, il m’avait alors dit : « Rekonstruiert ». Ce qui m’avait permis de lui dire que, s’il s’agissait d’une « reconstruction », c’est qu’il y avait des plans. Il en était convenu. « Où sont ces plans ? » lui avais-je demandé. Il m’avait répondu qu’ils se trouvaient au service des archives et qu’il me fallait pour les voir m’adresser à un certain Tadeusz Iwaszko. Le lendemain, je reprenais l’avion pour Paris. Je revenais à Auschwitz en mars 1976 et, le 19 mars (une date dans ma vie de chercheur), je découvrais, au terme de considérables difficultés, les plans des cinq crématoires d’Auschwitz et de Birkenau, des plans remarquablement précieux qui, depuis 1945, avaient été tenus cachés. Un trésor ! J’en commandais 116 photos dont j’ai encore la facture. En particulier, je découvrais que toutes les pièces qualifiées par la légende soit de vestiaires pour le déshabillage des victimes, soit de chambres à gaz pour leur exécution n’étaient en réalité que des pièces inoffensives désignées soit comme Leichenhalle (halle à cadavres), soit comme Leichenkeller (cellier à cadavres), c’est-à-dire de dépositoires (aux dimensions parfaitement usuelles, m’avaient alors assuré un fabricant parisien de crématoires et son second) et dont l’évacuation de l’air souillé ne pouvait se faire que par le sol. Je ne m’attarderai pas ici à bien d’autres détails que j’ai rapportés à partir de 1978 dans divers articles de caractère technique ou dans un magazine espagnol (Interviú) ou à la télévision suisse italienne (de Lugano) ou surtout dans une revue d’histoire italienne (Storia Illustrata). En 1978-1979, je m’étais exprimé dans divers journaux français, dont Le Monde, puis aux Etats-Unis et au Canada. Le Krema-I avait connu deux états successifs : il avait d’abord été effectivement un crématoire avec sa Leichenhalle, puis, devant les menaces de bombardements de l’aviation soviétique, il avait été transformé en un abri anti-aérien avec une salle d’opération chirurgicale pour l’infirmerie-hôpital SS située à une vingtaine de mètres de là. Utiliser, dans un bâtiment de crémation et à proximité d’une infirmerie hospitalière, du Zyklon B, hautement inflammable, hautement explosif et hautement dangereux pour tout le quartier environnant, aurait été une folie. En outre, la petite porte d’accès à la prétendue chambre à gaz était de bois et partiellement vitrée (un coup de coude dans la vitre et l’acide cyanhydrique serait allé tuer les malades et le personnel du SS-Revier) ; de plus la porte s’ouvrait vers l’intérieur, là où se seraient accumulés les cadavres, ce qui aurait bloqué ladite porte. Quant aux prétendues trappes d’introduction du Zyklon B dans le plafond, elles avaient été hâtivement improvisées après la guerre par les communistes polonais pour les besoins de  la mise en scène générale ; elles laissaient passer la lumière du dehors et, par manque d’étanchéité, elle auraient, elles aussi, laissé passer le gaz mortel à l’extérieur.
            Il m’a fallu attendre 1995 pour qu’un historien résolument hostile jusque-là au révisionnisme, Eric Conan, co-auteur avec Henry Rousso de Vichy, un passé qui ne passe pas (Gallimard, 2001 [1994, 1996]), me donne raison au sujet de cette chambre à gaz emblématique et qu’il en vienne à écrire : « Tout y est faux […]. A la fin des années 1970, Robert Faurisson exploita d’autant mieux ces falsifications que les responsables du Musée rechignaient alors à les reconnaître ». Il rapporte ensuite un propos stupéfiant de la sous-directrice du Musée d’Auschwitz, qui se refuse à expliquer au public le travestissement. Il écrit : « Krystina Oleksy […] ne s’y résout pas : « Pour l’instant, on la laisse en état [cette pièce qualifiée de chambre à gaz] et on ne précise rien au visiteur. C’est trop compliqué. On verra plus tard » (Eric Conan, « Auschwitz : la mémoire du mal », L’Express, 19-25 janvier 1995, p. 68). Quelques années plus tard, E. Conan, que j’interrogeais sur cet article, a bien voulu me dire qu’aucun démenti ne lui avait été opposé par la suite, en particulier du fait du Musée ou de sa sous-directrice. Enfin, jamais, depuis 1995, c’est-à-dire depuis plus de vingt ans, les visiteurs n’ont eu droit à la vérité. Encore en 2016, on persiste à leur mentir.
            Mais, en matière de découverte, tous deux (moi-même en 1975-1976 et E. Conan en 1994-1995), nous avions été devancés, d’une belle longueur par … S. Klarsfeld ! Bien avant nous, dès 1965, il avait découvert la supercherie du crématoire emblématique du camp d’Auschwitz. Du moins est-ce là ce qui ressort d’une confidence qu’il aurait faite le 19 février 1996 à Valérie Igounet, l’auteur de Robert Faurisson, portrait d’un négationniste (Denoël, 2012, 465 p. ; p. 21 et notes 15 et 16 de la page 414). V. Igounet écrit exactement : « Lorsqu’il se rend à Auschwitz, en 1965, Serge Klarsfeld fait le même constat [qu’E. Conan dans L’Express] et comprend qu’on y ‘truquait les choses’ ». Et elle évoque également ensuite d’autres « trucages ». Comment cela ? Deux historiens, S. Klarsfeld et V. Igounet, qui ne cessaient, depuis tant d’années de répéter sur tous les tons que j’étais un faussaire, un falsificateur et un menteur, savaient, l’un depuis 1965 et l’autre depuis 1996, qu’en tout cas, en ce qui concernait la capitale de l’Holocauste, les faussaires, les falsificateurs, les menteurs de l’histoire se trouvaient dans le camp opposé à celui de Faurisson ! Et ils n’en disaient rien ! En cachette, en petit comité, ils s’entretenaient des « trucages » de l’histoire officielle et, en public, ils se joignaient à la meute qui assaillait Faurisson. Il convient de reconnaître qu’avec l’âge, S. Klarsfeld avait atténué ses attaques mais V. Igounet, elle, a redoublé les siennes. Son livre de 2012 n’est qu’un amas de calomnies, pires encore de celles de son précédent ouvrage susmentionné, Histoire du négationnisme en France, publié en 2000. En 2007, au procès que j’avais intenté à Robert Badinter, elle avait eu, comme trois autres témoins de ce dernier, l’audace de prétendre sous serment que j’étais si bien un faussaire et un menteur que je m’étais prévalu du titre de professeur d’université alors que je n’avais jamais dépassé le grade de maître de conférences ! La vérité vérifiable était que j’avais été nommé « dans le corps des professeurs des universités » par décret ministériel n° 79.683 du 9 août 1979 avec une ancienneté de 9 mois et 8 jours. J’aurais dû poursuivre en justice mes quatre lascars mais je n’ai pu le faire, mon avocat Me Eric Delcroix ayant pris sa retraite. Ultérieurement, le mensonge sur ma qualification sera repris à son compte, dans un autre procès, par l’avocate Me Catherine Cohen-Richelet. Il le lui fallait bien : incapable de trouver dans mes écrits ou mes déclarations une seule preuve de ce que j’étais un faussaire, elle avait, en désespoir de cause, lancé cette bouteille à la mer.
Serge Klarsfeld à l’avenir ?
            A l’avenir, S. Klarsfeld pourrait, sur une si belle lancée, nous réserver d’autres heureuses surprises. Mais je ne me berce pas d’illusions. Le fâcheux précédent que constitue la mésaventure du prestigieux historien israélien Ben Zion Dinur est là pour nous rappeler de quel prix les gens de sa propre communauté peuvent faire payer à un juif une grave entorse à la religion de la Shoah. Je me permets de renvoyer ici à mon article « Mémoire juive contre histoire : ou l’aversion juive pour tout examen critique de la Shoah » (15 juin 2006). On y verra comment le fondateur lui-même, à Jérusalem, en 1953, du Mémorial de Yad Vashem, s’est résigné, de guerre lasse, à donner sa démission en 1959 ; il avait mis en garde ses concitoyens contre les « témoins » et il avait ensuite préconisé un examen systématique des « témoignages » à la manière du fondateur du révisionnisme historique, le Franco-Britannique John-Norton Cru. Vers 1974-1979, au début de mes propres tribulations, j’ai vu un certain nombre de juifs prendre ma défense, non point comme Noam Chomsky sur le seul plan de la liberté d’expression mais aussi sur le fond. Tel fut le cas de Jean-Gabriel Cohn-Bendit qui n’allait pas craindre d’écrire : « Battons-nous donc pour qu’on détruise ces chambres à gaz que l’on montre aux touristes dans les camps où l’on sait maintenant qu’il n’y en eut point, sous peine qu’on ne nous croie plus sur ce dont nous sommes sûrs. Les nazis avaient des camps modèles à montrer aux bonnes âmes de la Croix-Rouge ; ne nous laissons pas aller à faire l’inverse » (Libération, 5 mars 1979, p. 4). Il m’avait trouvé en Me Yvon Chotard, du barreau de Nantes, un excellent avocat et il m’avait apporté son aide de germaniste dans l’analyse du journal du Dr Johann-Paul Kremer. Bien plus tard, il allait regretter publiquement cette aide et plaider qu’il avait commis là « une faute politique ». Il sait que je ne lui en ai tenu nulle rigueur.

           La pression exercée contre ceux qui esquissent un simple mouvement en direction ou en faveur du révisionnisme reste considérable. Il n’empêche que, sur le plan strictement historique et scientifique, le plus grand des mythes de la Seconde Guerre mondiale, celui des prétendues « chambres à gaz nazies », tangue dangereusement. Honneur à ceux qui, au sein même de la communauté juive, auront contribué si peu que ce fût à l’effondrement final de ce mythe calamiteux ! Ils auront même, soit dit en passant, épargné aux juifs le déshonneur d’être, dans leur ensemble, assimilés à ces organisations nationales ou internationales qui prétendent les représenter et s’en font abusivement les porte-parole. En défendant les droits le l’Exactitude en matière d’histoire, ces quelques juifs auront, à leur manière, vraiment défendu leur propre peuple et pris leur humble place parmi les Justes.
10 mars 2016